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RAPPORT DE LA VISITE AU

CENTRE DE DEVELOPPEMENT DE LA CULTURE DE CREVETTES

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Simultanément à la visite du projet PATIMA, les membres de l’AAAJM ont également constaté le Centre de Développement de la Culture de Crevettes.

Contexte du projet

Madagascar dispose, sur la côte Ouest, de tannes propices et aménageables pour l’aquaculture de crevettes. Une ferme pilote a été ainsi initié en 1987 par le Gouvernement malgache avec l’assistance technique et financière du PNUD et de la FAO pour démontrer la faisabilité de cette filière.

Suite aux résultats forts prometteurs, la première ferme industrielle a vu le jour en 1992. Et à partir de 1995, d’autres fermes industrielles se sont installées.

Plus tard, le Ministère chargé de l’Aquaculture a réorienté sa politique vers l’aquaculture de crevettes à petite échelle accessible aux opérateurs artisanaux nationaux. Aussi, le Centre de Développement de la Culture de Crevettes (CDCC), un don non remboursable du Gouvernement du Japon, a-t-ilété installé en 1996.

En appui aux activités du centre, le Projet de Développement d’Aquaculture Crevettière dans la région Nord-Ouest a été mis en œuvre pendant 6 ans, de 1998 à 2003,avec le concours technique et financier de la JICA.

Mission et activités

Le CDCCavait comme mission principale la promotion de l’élevage de crevettes à petite échelle, de type familial et artisanal. Les activités consistaient à :

- produire de post-larves de P. monodon,

- effectuer des expérimentations en bassins et démontrer la faisabilité de l’élevage artisanal,

- donner de formation aux aquaculteurs intéressés,

- assurer l’appui technique et l’encadrement des fermes installées

- mettre à la disposition des promoteurs les engins nécessaires pour la construction des bassins de petite taille (tractopelle).

Infrastructures

Le CDCC comporte deux départements :

  • Le département écloserie sis à Amborovy qui est composé de :

- Un local pour bureau administratif

- Une unité de production de post-larves (Stockage de géniteurs, écloserie, nurserie)

- Un ensemble de laboratoire et locaux techniques.

- Une unité de pompage de l’eau de mer

 

  • Le Département bassin/formation se trouvant à Antsahanibingo, est constitué de

- Un local pour bureau

- Quatre dortoirs dont la capacité totale d’accueil est de 28 stagiaires

- 4 bassins en terre alimentés par jeu des marées

- Un magasin de stockage

Résultats du projet

En terme technique, les points suivants ont été maitrisés :

- La production de Post-larves

- La production en bassin et la technique d’élevage adaptée à la filière artisanale

- La production d’aliment de crevettes à base d’ingrédients locaux

- L’identification des terrains et la formation des aquaculteurs.

La politique a été donc en bonne voie. Malheureusement, malgré le nombre élevé de personnes formées, seules deux fermesse trouvant à proximité de la ville de Mahajanga, de surface inférieure à 50 Ha,ont pu voir le jour.

Le principal blocage était la non disponibilité de moyensdes petits aquaculteurs pour installer une ferme. Ils ne bénéficiaientni d’appui financier ni de crédit à des taux d’intérêt à leur portée.

Activités actuelles

Devenu EPIC depuis 2012, le centre est actuellement dénommé « Centre de Développement de l’Aquaculture ».

En grande partie, il sert actuellement de bureau de liaison et d’unité de production de Tilapia (stockage des géniteurs, production d’alevins) pour le projet PATIMA.

Par ailleurs, suite à ce changement de statut, son champ d’actionsest élargi à des expérimentations sur d’autres espèces outre que la crevette. On peut citer parmi les activités actuelles :

- la production de post-larves de crevette pour les fermes industrielles ;

- la production d’Artemia ;

- la recherche sur la production de post-larves de Macrobrachium ;

- un essai de production de spiruline

Observations et propositions

Cette visite a permis de saisir les activités du CDCC et de comprendrele principal facteur qui limite le développement de l’aquaculture familiale et artisanale. Il s’agit principalement de l’absence de moyen financier pour les petits promoteurs. L’Etat et/ou le partenaire technique auraient dû apporter un financement initial sous forme de fonds revolving.

Par ailleurs,ci-dessous quelques propositions pour les activités du CDA sous sa forme actuelle:

- continuer les activités d’aquaculture de crevettes telles que la production de post-larves, les recherches sur les maladies et les éventuels problèmes environnementaux ;

- considérer l’idée de centre de formation pour la promotion et le développement de l’aquaculture artisanales et familiales ;

- développer régulièrement un pool de techniciens qualifiés et opérationnels sur l’élevage de crevettes (écloserie, grossissement) ;

- concentrer les efforts sur les ressources qui pourraient apporter un réel développement pour Madagascar ;

- mener des recherches sur la production locale d’aliments pourcrevettes et poisson marins.